26 mars 2007
Moi et ... un texto un peu trop long
Alix est née !!!
Et j'avais envie de dire cela à la maman (mais c'est un peu long pour un texto) :
Ce corps est sorti d'elle.
- Une fille, disent les personnes dont les mains manipulent maintenant avec adresse, là-bas, les minuscules membres anguleux et les brillantes masses poisseuses des fesses et de la tête velue, puis plongent au fond du gouffre béant qu'est le corps de Lin pour en extraire la forme rouge-noir battante de chair vivante qui n'appartient à personne, ni à elle ni à l'enfant puis se mettent à la recoudre.
Peu importe ce qu'on lui fait maintenant, cela lui est égal, ce corps est sorti d'elle. Il se trouve sur le toit de sa maison vide et ses lèvres se sont emparées de son mamelon et tirent : leur mouvement a la rapidité d'un cœur qui bat, et la férocité du sexe. Un être qui se comporte comme un vrai bébé vivant qui serait sa fille. Une chose si frêle et fine alors qu'elle avait pesé comme une pierre dans ses entrailles. Pendant que le loup dormait, bouffi et malade d'avoir englouti sept petits chevreaux coup sur coup sans même les avoir mastiqués, la chèvre se précipita au secours de ses petits : d'un seul coup de couteau elle fendit le ventre de pierres avant de les recoudre et quand le loup se réveilla, ô mon Dieu… Mais là, c'est la pierre qui a été remplacée par un enfant et non l'inverse, et on est en train de recoudre la chair déchirée et Lin est mère. Non seulement cela, mais Derek est père. Ses mains ont cessé de lui éventer nerveusement le visage et de lui lisser les cheveux ; maintenant l'une de ses mains serre sa main à elle et il a posé l'autre doucement sur l'étroit dos emmailloté de sa fille. Tant de nouveaux termes monumentaux qui entrent soudain en jeu. Voici quelques secondes, fille, mère et père n'existaient pas et maintenant ils sont là [...]
(Incipit de La Virevolte, de Nancy Huston)
On peut s'esbaudir là.
16:50 Publié dans Contrebloguerie, Moi et ... les mots des autres, Moi et mes émois | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Moi et ... le paradis, peut-être
Le paradis existe, on m'y a invité pour le week-end.
Il y a un mas de pierres rouges comme le sol de là-bas, avec de l'espace autour, à donner le vertige. Des oliviers et des amandiers pour enraciner la terre, aride, mais pas stérile : alors on observe les plantes sauvages dans de grandes ballades, pour imiter la nature.
On a construit des murs autour de la maison, faits de simples pierres savamment empilées, des murs qui n'enferment rien mais servent de tuteurs aux arbustes.
Il y a une petite fille aux yeux immenses, à l'amitié farouche, des bravades plein la bouche, que je me retiens d'étreindre de peur de la brusquer.
Il ne manque qu'une balançoire et je pourrais vivre ici, toujours.
(Non, ce n'était pas là que j'étais tout ce temps ...)
14:27 Publié dans Moi et mes émois | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21 septembre 2006
Moi et ... un souvenir
Hier soir (avant que la meilleure coloc de Toulouse de France du MONDE rentre dans son appart), j'ai eu un peu de mouillé au coin des yeux.
Du mouillé qui m'a apporté un vieux souvenir, presque comme un ami perdu de vue.
Quand j'étais petite, il y avait une épicerie dans mon village. Aujourd'hui, elle a fermé je crois. Et dans cette épicerie, il y avait une dame, l'épicière, et du poisson frais le vendredi ; et puis surtout, une fois par an ou par mois, il y avait une loterie. Ou peut-être qu'il n'y en a eu qu'une ?
En tous cas, je me souviens du premier lot de la loterie : une énorme peluche, grande comme un adulte, tellement grande qu'elle n'était même pas exposée dans l'épicerie. Un ourson géant avec des bras-chamallows pour s'y faire un nid, pencher la tête sur son torse en mousse et dormir la joue contre du doux. Une sorte de Totoro franchouillard, quoi.
J'aurais beaucoup donné hier soir pour retomber dans une enfance où j'aurais gagné cette peluche, et m'y blottir.
17:35 Publié dans Moi ... enfance, Moi et mes émois | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note