26 mars 2007
Moi et ... un texto un peu trop long
Alix est née !!!
Et j'avais envie de dire cela à la maman (mais c'est un peu long pour un texto) :
Ce corps est sorti d'elle.
- Une fille, disent les personnes dont les mains manipulent maintenant avec adresse, là-bas, les minuscules membres anguleux et les brillantes masses poisseuses des fesses et de la tête velue, puis plongent au fond du gouffre béant qu'est le corps de Lin pour en extraire la forme rouge-noir battante de chair vivante qui n'appartient à personne, ni à elle ni à l'enfant puis se mettent à la recoudre.
Peu importe ce qu'on lui fait maintenant, cela lui est égal, ce corps est sorti d'elle. Il se trouve sur le toit de sa maison vide et ses lèvres se sont emparées de son mamelon et tirent : leur mouvement a la rapidité d'un cœur qui bat, et la férocité du sexe. Un être qui se comporte comme un vrai bébé vivant qui serait sa fille. Une chose si frêle et fine alors qu'elle avait pesé comme une pierre dans ses entrailles. Pendant que le loup dormait, bouffi et malade d'avoir englouti sept petits chevreaux coup sur coup sans même les avoir mastiqués, la chèvre se précipita au secours de ses petits : d'un seul coup de couteau elle fendit le ventre de pierres avant de les recoudre et quand le loup se réveilla, ô mon Dieu… Mais là, c'est la pierre qui a été remplacée par un enfant et non l'inverse, et on est en train de recoudre la chair déchirée et Lin est mère. Non seulement cela, mais Derek est père. Ses mains ont cessé de lui éventer nerveusement le visage et de lui lisser les cheveux ; maintenant l'une de ses mains serre sa main à elle et il a posé l'autre doucement sur l'étroit dos emmailloté de sa fille. Tant de nouveaux termes monumentaux qui entrent soudain en jeu. Voici quelques secondes, fille, mère et père n'existaient pas et maintenant ils sont là [...]
(Incipit de La Virevolte, de Nancy Huston)
On peut s'esbaudir là.
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09 octobre 2006
Moi et ... deux mantras pour le prix d'un
Logique Shadok : S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.
Variante : S'il n'y a pas de réponse, c'est qu'il n'y a pas de question.
Répéter jusqu'à épuisement.
Edith vous parlera de mon ouikène (parce que c'est passionnant) plus tard. Ou peut-être en sera-t-il question par ici.
09:05 Publié dans Moi et ... les mots des autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 octobre 2006
Moi et ... le bonheur
Mon père disait c'est le vent du Nord ... Pardon, ceci est une note sérieuse.
Mon père disait Le bonheur, c'est l'instant de répit entre deux malheurs. Je ne sais pas si c'était de lui ou d'un autre. Longtemps je me suis couché de bonne heure. (Pardon, c'est nerveux). Longtemps, j'ai trouvé cette réplique profondément déprimante : je n'en voyais pas l'ironie, c'est-à-dire l'humour sous la vérité. Je crois que quand mon père disait cela, c'est un peu quand comme Renaud chantait Et quand je me réveille Et que je suis en vie C'est cela qui m'importe Bien plus que le bonheur Qui est affaire de médiocres Et qui use le coeur.
(Le bonheur, il ne faut peut-être pas trop y penser ?)
En tous cas, en ce qui me concerne, j'ai trouvé ma définition du bonheur, ou en tous cas de ce qui m'intéresse dans la vie. Je m'en suis longtemps voulu de ne pas être heureuse alors que j'avais tout ce que je - mais quel jeu dans ce je ? - voulais : une belle relation avec quelqu'un que j'aimais, des projets qui correspondaient à ce qu'il est "normal" de vivre à mon âge, une tranquillité. Une vie douce et paisible que j'aimais mais qui ne me comblait pas. Et je me disais que mes bouffées de nostalgie, mes envies de tout envoyer valser, n'étaient que le caprice égoïste d'une petite fille gâtée ...
Deux personnes que j'aime ont un jour dit devant moi : "Mais Zelda ne sera jamais heureuse ... elle n'est pas faite pour ça".
Et en effet, si le bonheur c'est la satisfaction ou la béatitude, qui peut vraiment en vouloir ? Qui voudrait supprimer le désir de sa vie ?
Aujourd'hui, je sais ce qu'est pour moi le bonheur. C'est de me sentir en adéquation avec ce que je vis. Sentir que ce que je ressens, ce que je traverse, sonne juste pour moi. Que je mets mes pas dans mes pas à moi.
C'est tout sauf tranquille, c'est tout sauf rassurant. C'est effrayant, souvent ; douloureux, parfois, presque toujours exaltant.
Mais c'est moi. Et, comme j'ose enfin le dire (puisque mon fendilleur me l'a fait avouer), si le bonheur c'est d'être en adéquation avec ce que l'on vit, je sais n'avoir jamais été si heureuse de ma vie.
Terrifiée, fatiguée, perdue peut-être ... mais, profondément, heureuse.
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