04 octobre 2006
Moi et Cèdre (4)
Juste pour calmer la foule en délire, la suite des Cèdreries.
Donc, comme dit dans les épisodes précédents, Cèdre est une sorte d'ami absent d'enfance.
Je pense avoir à peu près la même place dans sa vie - si du moins il a un peu d'imagination - et je ne m'attendais pas à avoir de ses nouvelles de sitôt. Or le monsieur a rappelé.
Samedi dernier, quand, de retour d'un temple abject de la consommation d'Ikéa, les bras chargés de merdouilles futiles mais indispensables, L'Enflammée, l'Espèce et moi essayions sans grand succès de concilier le transport de deux oreillers, deux "meubles", un wok, pas de couvercle parce qu'on en n'a pas trouvé, un tupperware, des torchons, des trucs et des machins, et l'ouvrage de la serrure d'en bas de l'immeuble, mon portable a sonné. Du coup, on a fait tomber des trucs et on a eu un fou rire, sur les escaliers devant la porte toujours fermée, et on n'a pas répondu à temps.
C'était Cèdre, donc, qui a laissé un message. Moi, ça me rend toute joviale, que Cèdre m'appelle, à cause de l'absence d'enfance et tout ça. Donc, jovialement, j'écoute le message. Il va à une soirée de musique en plein air avec son coloc, propose de passer me chercher, si bien sûr j'ai pas autre chose de prévu parce que bon, y a de grandes chances que je sois déjà en train de m'amuser ailleurs - et en effet, c'était l'anniv de notre proto-coloc, faudra que j'explique ça un jour - mais bon, si ça me dit, ça lui ferait plaisir de me voir ...
"Et plus si affinités".
Arghhh !
De surprise, je répète, à voix haute "Et plus si affinités".
Et là, c'est un peu le drame, l'Espèce qui se rebiffe, moi qui ne sait que penser mais qui n'aime ni les mots de Cèdre ni ceux de l'Espèce, et je pars en claquant la porte parce que marre à la fin rodidjuu. Et puis je reviens parce que je ne sais même pas au juste à qui j'en veux et pourquoi, et si je ne suis pas en train de faire tout un pataquès sur une maladresse de langage.
Je passe la soirée (désolée Mi-Coloc) à me triturer les méninges sur quoi répondre et comment.
(Oui, je parle souvent de Cèdre, mais c'est surtout parce que je n'aime pas les billets trop longs)
11:50 Publié dans Moi ... enfance | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
29 septembre 2006
Moi et Cèdre (3)
Du coup, à la voix d'homme qui tchatche dans mon oreille, j'associe l'image d'un gamin timide et dégingandé. Etrange décalage dont je lui fais part - entre autres - durant une conversation toute aussi bizarre, genre vodka au caramel*.
A chaque fois que l'un de nous pose une question, l'autre n'a pas le temps de répondre : on se souvient que l'on sait déjà. Du coup, on se félicite de réussites déjà vieilles, on se balance de (gentilles) horreurs sur nos mères respectives, et puis on parle de nous, de ce que l'on connait finalement le moins, notre présent, nos colocs respectifs, nos projets, notre ville, qu'il connaît bien et que je découvre. On se taquine comme de vieux potes, aussi. Je ne le reconnaitrais pas dans la rue, ni sa voix s'il rappelait, pourtant !
Au bout d'un moment, on se rend compte que non seulement la conversation n'est ni gênante ni déplaisante, mais qu'on a du mal à raccrocher**. Du coup ...
Cèdre : Mais tu es sur Toulouse le week-end, quand même ?
Me, Myself and I : Euh, oui, enfin pas tous mais oui. On se prend un café à l'occasion ?
C. : Oui, bien sûr, on se programme ça !
[Papotages divers]
C. : Sinon, tu es plutôt casanière, ou tu bouges, tu sors un peu ?
MM&I : Non, bien sûr, si je fais quatre heures de trajet par jour pour vivre dans une grande ville, c'est pour me terrer dans mon appart, andouille.
C. : Bon, alors à l'occasion ...
MM&I : Oui, surtout que tu dois connaître la ville comme ta poche maintenant, non ?
[Confidences gênantes***]
C. : Hey, comme j'ai un coloc et que tu as une coloc, on pourrait peut-être manger tous les quatre ? Je fais la cuisine, mon coloc est un ours, il mange de l'ail, il a aucun palais ...
MM&I : Ma coloc est cambodgienne et fait très bien la cuisine ...
C. : Ah ouais ... Y a peut-être ...
En choeur : ... un truc à négocier !
Voilà, je ne sais pas au juste pourquoi, mais cette conversation m'a donné le sourire. Je ne sais pas si je vais rappeler, j'aime bien la place en marge que Cèdre a dans ma vie, comme ces mouvements qu'on devine plus qu'on ne voit à la périphérie de notre ampan. Mais c'était un joli moment.
(J'ai même pensé, après avoir longuement savouré la voix de l'Espèce : ce soir, j'ai parlé aux trois hommes de ma vie.) (Manque plus que le fils Vandelle).
.................
*Ch'est bon mais ch'est bizarre, quoi.
** Surtout lui, moi j'ai mal à mon forfait, et envie d'appeler l'Espèce, quand même.
*** Surtout pour moi : sa mère a été, un très court laps de temps, ma gynéco. J'ai changé au bout de deux consultations parce que votre gynéco veuille vous donner le numéro de son fils, c'est trop perturbant pour mes trompes de Fallope à moi que j'ai. (A moins que ce soit un truc de mecs ?)
10:59 Publié dans Moi ... enfance | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
27 septembre 2006
Moi et ... Cèdre (2)
Toute ma vie j'ai entendu parler de Cèdre, et toute sa vie il a entendu parler de moi. Nous avons le même âge. Chacun a su quand l'autre était tombé amoureux, quand il avait eu un chagrin d'amour, quels détours il a pris pour finir ses études, quel métier il a choisi, quelles craintes et quels espoirs il a formulé.
Pourtant, nous ne nous sommes pas vus, dans toute notre vie, plus de trois fois, et la dernière remonte à presque dix ans*. Non seulement nous nous sommes très peu rencontrés, mais nous n'avons pas non plus cherché à maintenir un contact : un seul échange de lettres a formé la totalité de notre correspondance.
Nos mères sont ou ont été des amies très proches, et PetiteOlive a fomenté depuis toujours le projet *moins plus que plus secret* de nous voir convoler en juste concubinage, le jour où nous serions assez vieux pour ça (c'est-à-dire, indubitablement et pour toujours, dans dix ans**).
Donc Cèdre a cette place particulière dans ma vie d'être ce garçon que je ne connais pas, mais dont je sais beaucoup, auquel je ne pense jamais, mais de qui on me donne régulièrement des nouvelles comme si j'étais concernée. Une sorte de cousin issu de germain sans aucun Noël en commun.
Si on m'avait posé la question, j'aurais dit que jamais je ne le reverrai. Je ne sais même pas où il vit, sauf que c'est loin d'en haut à droite.
Sauf que moi aussi, je vis loin d'en haut à droite, maintenant.
Et qu'à force d'être ensemble loin d'en haut à droite, on vit dans la même ville ...
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* Le premier qui dit "Pouah la vieille" ... ben c'est moi, parce que comme ça z'avez pas besoin de le faire.
** Quand j'avais cinq ans "Ah quand ils en auront quinze ...", quand j'avais dix ans, "faudra les revoir a la vingtaine" ... Z'avez pigé.
09:15 Publié dans Moi ... enfance | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note