27 avril 2006
Moi et ... la maison de ma mère
Dans la maison de ma mère, il y a des meubles en bois et des plantes vertes dans chaque pièce.
Sur la terrasse, une cabane à oiseau où est suspendu un filet rouge qui a autrefois contenu des graines, et qui ressemble à un pendu ou à un ange macabre. Un chien toujours sur le point de jouer ou de s'endormir, des chats qui se vautrent dans l'affection totale de leur maîtresse. Des livres à moitié lus, l'un d'eux ouvert depuis plus de trois ans à la même page, du côté vide du lit de ma mère. L'ennui des villages où il ne se passe rien, parce qu'on regarde tout de loin.
Dans la maison de ma mère, les tiroirs cachent des petits mots crève-coeur. Je n'ai plus de chambre et quantité de pièces ne semblent pas savoir à quoi servir. Le frigidaire déborde d'aliments achetés parce que je suis là, et de périmés qu'on jettera demain. Les tables sont toujours encombrées, couche après couche d'une vie qu'on remplit d'objets et de papiers à défaut d'éclats de voix.
Nulle part l'absence de mon père n'est plus présente.
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24 avril 2006
Moi et ... deux nouveaux favoris
Une écriture habitée, palpitante et fine, Les techtoniques apesanties (et je résiste à la tentation de vous dire qu'on peut être écrivain quand on a dix-sept ans)
Un blog intelligent, tendre et parfois nostalgique, Les sauts d'une puce.
Pour une fois que je mets à jour mes favoris ...
09:16 Publié dans Contrebloguerie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23 avril 2006
Fragment 11
A aucun moment, pendant ce voyage de retour, Lou ne se mit à penser à Pierre, à elle et à l'enfant à naître comme à une famille. Elle était enceinte, certes, et son corps changeait, mais l'idée que dans ce corps grandissait effectivement un autre corps, qui devenu assez fort s'expulserait d'elle pour former une nouvelle personne, qui serait un enfant, qui pourrait ne pas être d'accord avec elle, qui un jour aurait l'âge qu'elle avait maintenant, tout cela n'effleurait même pas Lou. Elle était heureuse d'être enceinte, de voir son ventre se détendre, puis grossir ; elle supportait sans se plaindre les nausées, le mal de dos et les insomnies ; mais à aucun moment elle ne les attribuait au bébé, mais à son état. Elle était enceinte ; elle n'attendait pas un enfant.
Quand la nouvelle fut annoncée à Félix, Marie et Rose, les femmes de la famille essayèrent d'intéresser Lou à l'enfant, de la détourner de la fascination qu'exerçait sur elle son propre corps au profit du bébé à venir. Tu aimerais mieux une fille ou un garçon, Lou ? Vous avez réfléchi à des prénoms ? Vous le ferez baptiser ici ? Tu as besoin qu'on t'aide à coudre ses habits ? Lou eut un mouvement de recul. A vrai dire, elle n'avait guère pensé à l'accouchement, et encore moins à ses suites, aux nuits, à l'allaitement, aux langes. Cet état de vampirisation douce aurait donc une fin ... Lou retournerait à sa solitude. Des larmes silencieuses mouillèrent ses cils.
Mais aussitôt, un tourbillon de nouvelles, le mariage de Rose, le retour hypothétique d'Alix à cette occasion, la description du fiancé, distrairent Lou de ces pensées étranges. Simplement, la nuit venue, Pierre assoupi près d'elle dans son lit de jeune fille, elle se surprit à penser à la femme qui avait elle aussi été enceinte de cet homme endormi à sa gauche, à se demander si la petite fille ressemblait à son père, si elle était proche de sa maman, et quel âge elle avait.
10:05 Publié dans La vie de Lou | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Interlude
Chère, très chère Inès au regard si juste,
Quelques mots griffonnés à la va-vite pour te remercier. Comme souvent, tu avais raison. J'ai abandonné le tutoiement de Lou avec douleur, mais au moins j'ai pu reprendre le récit si j'ai interrompu le dialogue ... pour le livre, cela vaut mieux. Pour moi, je ne sais pas ... mais peut-être reviendrai-je à la deuxième personne plus tard. Et puis, nous n'avons jamais su nous parler : il est d'une triste logique que je ne puisse la raconter en m'adressant à elle, non ?
J'ai perdu tant de temps, je me remets à l'écriture. Merci encore.
Je t'embrasse, toujours.
Zélie.
09:40 Publié dans La vie de Lou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 avril 2006
Moi et ... le tiramisu aux fraises
D'après une recette donnée sur un forum (merci Orelyl !), ma version du tiramisu aux fraises

Ingrédients :
Une barquette de fraises bien mûres, et même un peu trop mûres si votre maraichère vous fait un prix, le froid leur rendra leur croquant.
Un paquet de biscuits "boudoirs". Attention, pas les bons, les moelleux, que vous mangeriez avec le café : les tous secs, pas très appétisssants, et pas chers non plus, qui absorberont mieux la crème sans se déliter.
90 g + une cuillère à soupe de sucre en poudre3 œufs
250g de mascarpone (un pot)
Une pincée de sel (pour les blancs)
Un peu de jus de citron.
.
Procédé :
Faire dégorger les fraises nettoyées et coupées en 8 (au moins, en tous cas en tous petits morceaux ... cela donne tout son intérêt à la recette !), dans un bol, avec une cuillère à soupe de sucre et un peu de jus de citron
Monter les blancs en neige ferme, mais alors très ferme, parce que c'est cela qui va aérer le gâteau.
Mettre de côté quelques fraises pour la déco.
Monter en crème le mascarpone + les jaunes + le sucreMélanger avec délicatesse comme on peut les blancs à la crème
Dans un plat profond monter en couches les biscuits, la crème et les fraises, terminer par une couche de crème et quelques fraises. Ne pas hésiter à mettre un peu du jus de fraises/citron qui a dégorgé sur les couches de biscuits.
Au frigo pendant minimum 4h, le temps que le biscuit s'imprègne du jus de fraises et de la crème ...
Et voilou !
Pas de photos cette fois, on s'est jeté dessus comme si on avait faim.
18:10 Publié dans A croquer | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
17 avril 2006
Reprise
Durant le repas de ses noces, l'angoisse ne quitta pas Lou : elle n'était pas si ignorante qu'elle ne sache pas ce qui l'attendait la nuit venue, la porte de la chambre fermée sur les époux. Elle avait eu deux grandes soeurs, et des amies moins apeurées qu'elle, qui chuchotaient, le rose aux joues et le rire agressif, des choses défendues ; avant ça, elle avait été une petite fille de la campagne, et même si ses parents n'étaient pas des fermiers, elle avait bien dû assister à des saillies. Mais personne ne lui avait sans doute parlé de sexe de façon directe, sans mépris ou gêne dans la voix. Et Pierre ne l'avait vraisemblablement pas touché avant cette nuit-là.
Malgré tout, c'était donc sur l'inconnu que devait aboutir cette soirée. Elle était nerveuse, jouait alternativement avec sa bague de fiançailles et avec son alliance. L'angoisse de ce mariage rapide et confus, qu'elle avait voulu rapide et confus afin de ne pouvoir s'arrêter sur la révélation de Pierre, la colère at la déception qu'Alix ne se soit pas manifestée malgré les courriers, la peur à l'idée de ce qui allait se passer dans quelques heures se mêlaient en elle en une sorte de malaise énorme et indistinct.
En brave petit soldat, elle continuait à sourire à ses voisins de table, à remercier ceux qui la félicitaient, à montrer son alliance aux curieuses, à picorer dans son assiette. En brave petit soldat, elle suivit Pierre quand il décida qu'il était temps qu'ils s'éclipsent, elle réussit même à rire quand il lui proposa de la prendre dans ses bras pour franchir le seuil de leur chambre d'hôtel. Ce fut encore avec ce même courage un peu imbécile qu'elle se déshabilla et rejoint son mari, en tremblant un peu, dans ce lit inconnu, en regrettant fugitivement sa chambre de petite fille. Et heureusement la pénombre était presque parfaite, elle fut vite sur le lit et il fut sur elle, et ce ne fut ni une révélation ni un dégoût, un peu de douleur et une sensation étrange, pas tant physique que mentale, l'impression de devenir immense, d'être comme un océan ou un ciel ou quelque chose d'aussi grand et sans contours fixes, comme une carte peut-être et Pierre n'était qu'un point sur cette carte, comme s'il était perdu parce qu'il était si petit et Lou si grande, mais elle aussi était perdue, et pendant un instant elle ne sut plus se retrouver dans cette infinitude qui était elle.
Le lendemain, ils partirent pour l'Allemagne.
09:50 Publié dans La vie de Lou | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
13 avril 2006
Moi et ... une main dans la mienne
Ils vivent dans un monde autre, étrangement concret et complètement exotique. Les landes de l'enfance n'ont rien de désolées, mais elles sont aussi terriennes qu'un paysage lunaire. Ils parlent de télévision, de chômage et de chevaux, de sujets sérieux jusqu'à l'écoeurement. Pas de bonbons ni de poupées dans leurs discussions.
Ils se déplacent en groupe, vous regardent un peu de côté, et soudain droit dans les yeux. Je les observe du coin de l'oeil comme une peuplade infiniment étrange et aimée. Soudain, du groupe, l'un deux s'échappe, se plante devant moi et m'assaille de questions guidées par un fil conducteur que je ne connais pas mais dont je devine l'importance.
"Il est malade ton cheval ? Tu peux pas le monter ? Il va mourir ? Tu as des carottes ? Il a mal au sabot ? Je peux lui en donner, des carottes ? Je peux le tenir ? Il te sert à quoi, le cheval, si tu peux pas le monter ? C'est gentil, les chevaux ? Il est vieux ? Il s'appelle comment ? Pourquoi il est malade ? Il va guérir ?"
J'essaie de répondre, en montrant le moins possible mon étonnement. Les enfants n'ont rien à voir avec les adultes, ils sont comme une autre sorte d'humains. Des elfes appliqués à étudier nos us et coutumes avec acharnement, de sorte que leurs questions semblent plus venir confirmer leurs hypothèses que leur apprendre quelque chose.
Tout d'un coup, sans une hésitation, une petite main chaude attrape la mienne. Minuscule dans ma main d'adulte, c'est pourtant elle qui nous guide. Je pense à nos atermoiements, aux excuses que la pudeur nous donne pour ne pas prendre nos amis dans nos bras quand ils sont tristes, pour ne pas les embrasser, comme ça, pour rien, pour ne pas sourire sans raison.
Combien faut-il que les enfants oublient pour avoir encore à apprendre ?
09:35 Publié dans Moi et mes émois | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
09 avril 2006
Moi et ... juste pour me contrarier
19:05 Publié dans Moi en greluche | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Interlude (encore)
Ma si peu pragmatique Zélie,
Puisque tu m'aimes pour mon pragmatisme, je vais être concrète, terre-à-terre. J'ai senti, au fur et à mesure de tes envois, que ton écriture se dégradait. Ce n'est pas constant, mais plus tu t'approches de l'intimité de Lou, plus on te sent distante, en recul. A la lecture, c'est dérangeant : dans la scène de la nuit de noces, particulièrement, tu perds complètement le lecteur. Ce truc du bateau, c'est platement littéraire, et pas du meilleur : disons que ça sent le procédé.
Je suis dure avec toi, mais j'essaie de te ramener à de dures réalités terriennes, ma belle ! Tu as une éditrice, qui même si elle est ton amie, et même si elle est amoureuse de ce projet - et peut-être justement parce qu'elle est amoureuse de ce projet - tient à tenir ses délais, et à voir le livre avancer, quitte à te bousculer un peu. Ou beaucoup.
A mon sens, ton problème vient du narrateur. Tu n'es peut-être pas la mieux placée pour raconter cette histoire : en tous cas, tu ne l'es pas tout le temps. Parfois, il est même impossible pour toi (ou pour ton avatar) d'être la narratrice ; c'est presque incestueux. Et rebelote, la scène de la nuit de noces et sa métaphore peu crédible ...
Envoie-moi d'autres choses, fais des essais, des ratés, mais tente ! Ecris ... ne laisse pas tomber Lou.
Je t'embrasse (et j'attends de tes nouvelles !),
Inès.
17:34 Publié dans La vie de Lou | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08 avril 2006
Moi et ... de mots, des sons
Qui d'autre que l'Enflammée pouvait me proposer ce joli questionnaire ?
1. Un mot ou un son pour exprimer votre sentiment de l'instant :
Entre-deux
2. Un mot ou un son apaisant :
Les bruits de bords de mer, les vagues bien sûr, mais même les cris des enfants et les rires trop forts des adultes ont quelque chose d'apaisant les doigts dans le sable ...
3. Un mot ou un son qui vous rappelle votre quotidien :
Les bruits étranges de la chaudière. Il y a sans doute un lutin enfermé dedans.
4. Un mot ou un son pour un cadeau à un(e) inconnu(e) :
L'inaudible bruissement d'un sourire
5. Un mot ou un son de votre enfance :
Quand on siffle un chien, je m'attends toujours à voir rappliquer mon vieux cocker décati ...
6. Un mot ou un son qui ne vous quitte jamais :
Je t'aime
7. Un mot ou un son pour changer de vie :
Lilith ou Samuel ?
8. Un mot ou un son que vous détestez :
Solitude. Quoi que le mot lui-même est joli.
9. Un mot ou un son pour un pétage de plombs :
Fatigue
10. Un mot ou un son pour partir à l'aventure :
T'es cap ?
11. Un mot ou un son pour dire je t'aime :
Taffreux !
09:50 Publié dans Contrebloguerie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
